Eric Charbonnel, Boris Daniel
Parc Marin de la Côte Bleue - Syndicat Mixte - Observatoire - Plage du Rouet - 31, Av. Jean Bart.
B.P. 42 - 13620 Carry-le-Rouet. charbonnel.eric@parcmarincotebleue.fr
Dans le cadre d’une immersion expérimentale de récifs artificiels « Kheops » dans la Zone Marine Protégée du Cap Couronne, un suivi de la colonisation des récifs est réalisé durant une période de 3 ans par les plongeurs biologistes du Parc Marin de la Côte Bleue.
Ce rapport minute présente les premiers résultats du suivi, réalisé sur une période de 6 mois après l’immersion des récifs (26 et 30 novembre 2004), avec 3 séries de comptages des peuplements de poissons (T 0, T+3 mois et T+6 mois).
Les 6 modules « Kheops » (volume de 9,4 m3) ont été immergés dans la zone marine protégée du Cap-Couronne (Fig. 1), à proximité du site déjà aménagé en récifs artificiels depuis décembre 1996 (150 m3 de modules cubiques en béton de 1.7 m3 disposés en 3 amas chaotiques), situé à 25 m de profondeur sur des fonds sableux (coordonnées géographiques : 43°19,276 N / 5°03,340 E), à proximité de roches coralligènes et de la limite inférieure de l’herbier de Posidonies.
Un total de 17 espèces de poissons appartenant à 6 familles a été rencontré sur les récifs lors des 3 relevés successifs. Les 2 principales familles sont les Sparidae et les Labridae, avec 6 espèces chacune. A signaler la présence d’espèces présentant un intérêt commercial pour la pêche, comme les Loups, Rougets et différents Sars.
Bien que ces résultats soient très préliminaires, basés sur 3 séries de comptages effectués tous les 3 mois, ils laissent néanmoins supposé que les modules « Kheops » semblent attractifs pour les peuplements de poissons. La colonisation a été très rapide, puisque lors du premier comptage, réalisé le 15/12/2004, soit une vingtaine de jours après l’immersion, jusqu’à 6 espèces étaient présentes autour des modules. Lors des 3 suivis successifs, on observe une « montée en charge » régulière des récifs, aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif.
Le design, l’architecture assez complexe du module « Kheops » (forme haute pyramidale, grande cavité centrale, plateau créant une zone d’ombre hydrodynamique) peut expliquer cette colonisation rapide, mais les bons résultats obtenus s’expliquent surtout du fait du contexte et de l’environnement de la zone choisie. Ces récifs sont en effet situés en zone intégralement protégée et également à proximité immédiate des autres récifs artificiels (150 m3 de modules cubiques) et des habitats naturels riches, tels que les roches coralligènes et l’herbier de Posidonie. Il existe donc de nombreux échanges d’espèces entre les zones naturelles et les zones récifales. Du fait de la protection de la zone et de son potentiel biologique naturel très important, les récifs bénéficient pleinement de ces facteurs positifs.